INTERVIEW

Miguel Díaz Vizoso • Dessinateur des Schtroumpfs

Miguel Díaz Vizoso
Miguel Díaz Vizoso

Miguel Díaz Vizoso est un dessinateur hispano-belge formé à l’Académie des Beaux-Arts de Châtelet. Il débute au studio Peyo où il collabore sur des séries majeures du 9e Art. Il réalise des gags de Rantanplan, assure les couleurs de Robin Dubois et contribue à de nombreux albums des Schtroumpfs. Il est notamment l’auteur de Un enfant chez les Schtroumpfs. Cette trajectoire confirme son rôle actif dans la continuité graphique de l’univers de Peyo et dans la bande dessinée franco-belge.

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Présentation

Pour commencer, pourriez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Miguel Díaz Vizoso. Je suis dessinateur de bande dessinée. Je travaille depuis plusieurs années dans cet univers avec une attention particulière au dessin narratif. Je suis aujourd’hui connu pour mon travail sur les Schtroumpfs. Je poursuis une démarche régulière et disciplinée où le dessin est à la fois un métier et un langage.


Pratique du dessin

Comment décririez-vous votre relation personnelle au dessin aujourd’hui ?

Le dessin fait partie de ma vie quotidienne. Je l’utilise pour penser, raconter et organiser mes idées. Il reste une activité exigeante qui demande de la patience, de la précision et un sens constant de l’observation. Le dessin est aussi un espace de liberté, même quand il s’inscrit dans un cadre éditorial ou narratif.

Dessiner les Schtroumpfs implique un cadre précis. Qu’est-ce que cette contrainte vous apporte ?

Le cadre imposé par l’univers des Schtroumpfs est exigeant, mais profondément formateur. Il m’a appris la rigueur graphique et narrative. Chaque détail compte : une expression, une posture, un rythme de lecture.

“Cette contrainte m’oblige à aller à l’essentiel, à chercher la justesse plutôt que l’effet.”

Elle m’a aussi appris que la créativité ne disparaît pas dans les règles, elle se déplace.

Votre trait évolue-t-il encore malgré le respect du style historique ?

Oui, forcément. Même dans un univers très codifié, le dessin reste un geste vivant. Le trait évolue par petites touches : une manière différente de suggérer le mouvement, de placer un regard, de gérer les volumes.

“Le dessin évolue discrètement, presque invisiblement pour le lecteur, mais très clairement pour le dessinateur.”

C’est une évolution intérieure plus qu’un changement visible.

Travaillez-vous différemment selon le contexte de création ?

Le contexte influence toujours le geste. Une planche destinée à la publication demande une concentration extrême sur la narration, la lisibilité et la cohérence globale. Un dessin réalisé en dehors de ce cadre laisse davantage de place à l’expérimentation, au plaisir immédiat du trait. Pourtant, la base reste la même : raconter quelque chose de clair et sincère par le dessin.

Dessins originaux

Votre exposition au Musée du Mill à La Louvière (22-03 au 10-08-2025) montrait de nombreux dessins originaux. Quelle place occupent-ils dans votre pratique ?

Le dessin original est le point de départ de tout. Il porte les hésitations, les corrections, les choix abandonnés. Ces traces racontent autant que le dessin final.

“Un original conserve une respiration que l’impression ne restitue pas complètement.”

Il témoigne du moment précis où une idée a pris forme, sans filtre.

Le public mesure-t-il le travail derrière une planche originale ?

Souvent, non. La bande dessinée donne une impression de simplicité, alors qu’elle est le résultat d’un travail très structuré. Une planche demande du temps, de la réflexion, de nombreux ajustements invisibles. Lorsque le public découvre un original, il est souvent surpris par cette complexité cachée derrière un dessin apparemment simple.

La signature et la date ont-elles une importance particulière pour vous ?

Oui. Ce sont des repères. Elles inscrivent le dessin dans un moment précis de mon parcours. La signature n’est pas un geste décoratif : elle marque la fin d’un processus, une forme d’engagement personnel. La date, elle, permet de replacer le dessin dans une continuité, une évolution.

Authentification, parcours et conseils

Vous accordez de l’importance à l’authentification de vos dessins. Comment procédez-vous concrètement ?

Je commence par signer mes dessins. J’ajoute ensuite une marque en relief réalisée avec une pince à gaufrer, qui permet d’identifier physiquement le support sans altérer l’image. Depuis quelque temps, certains originaux passent aussi par une certification externe afin que leur provenance soit clairement établie et que l’œuvre puisse être suivie dans le temps. J’utilise notamment le service Certificart pour cela. Ce type de certification crée une information fiable pour les collectionneurs et pour les institutions qui conservent ces pièces. La démarche consiste simplement à éviter les confusions et à permettre aux dessins de circuler avec des éléments de preuve documentés.

Quel regard portez-vous sur vos anciens dessins ?

Je les vois comme des jalons. Ils ne sont ni reniés ni idéalisés. Ils témoignent de ce que j’étais à un moment donné, de mes recherches, de mes limites aussi. Revenir sur ces dessins permet de mesurer le chemin parcouru et de rester conscient que le dessin est un apprentissage permanent.

Avez-vous déjà été surpris par la manière dont certaines œuvres sont conservées ou transmises ?

Oui, régulièrement. Certains lecteurs conservent des dessins avec un soin impressionnant, parfois depuis des décennies. D’autres les ont intégrés à leur quotidien de façon plus simple. Ces différentes formes de conservation racontent toutes un lien personnel avec l’œuvre.

Que diriez-vous à quelqu’un qui acquiert un dessin original pour la première fois ?

Je lui dirais de le regarder comme un objet vivant. Un dessin original n’est pas seulement une image : c’est une trace de travail, un instant précis de création. Il faut prendre le temps de l’observer, de voir les détails, les imperfections, et d’accepter qu’il raconte quelque chose de plus intime que l’image imprimée.

Le numérique a-t-il modifié notre rapport aux œuvres originales ?

Le numérique a multiplié la diffusion des images, mais il a aussi renforcé la valeur de l’original. Face à des milliers d’images dématérialisées, l’objet physique retrouve une présence particulière. Le papier, l’encre, le geste restent irremplaçables. Ce sont des éléments que le numérique ne peut pas reproduire.

En quelques mots, qu’est-ce qui fait la singularité d’un dessin original ?

C’est sa présence. Il porte la main, le temps, et l’intention de celui qui l’a créé. Cette combinaison ne peut exister qu’une seule fois.

Où peut-on vous contacter, vous écrire ou suivre votre actualité ?

On peut découvrir mon travail et suivre mon actualité sur mon site officiel : miguel-diaz-vizoso.com. Je partage également des dessins, des croquis et des projets en cours sur Instagram : @miguel_diaz_vizoso. Ces plateformes permettent de suivre mon travail et de rester informés des événements ou publications.


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