Le marché de l'art souffre d'un problème structurel : n'importe qui peut émettre un certificat d'authenticité. Il n'existe aucune obligation légale de vérifier l'identité de l'émetteur avant de produire ce type de document.
Résultat : des galeries peu scrupuleuses, des revendeurs anonymes et des faussaires organisés peuvent certifier des oeuvres sans que personne ne vérifie qui ils sont réellement.
Pour un acheteur, la question à se poser n'est pas "est-ce qu'il y a un certificat ?", mais "qui a émis ce certificat, et comment vérifier que c'est bien la bonne personne ?" La réponse à cette deuxième question est rarement satisfaisante sur le marché traditionnel.
La valeur d'une oeuvre d'art est directement liée à son auteur. Pas seulement à sa qualité visuelle ou à son sujet, mais au fait que tel artiste identifié l'a créée, à telle période, dans telle démarche.
Si l'identité de l'artiste ne peut pas être prouvée de façon irréfutable, la valeur de l'oeuvre reste fragile. Elle repose sur la confiance accordée au vendeur, pas sur une preuve objective.
Un collectionneur qui revend une oeuvre dix ans plus tard doit pouvoir prouver à son acheteur que l'artiste est bien qui il prétend être. Si cette preuve n'existe pas dès la première vente, elle n'existera jamais.
Des enquêtes menées par des experts en droit de l'art et des journalistes spécialisés ont documenté des cas où des oeuvres ont été vendues avec des certificats d'authenticité parfaitement convaincants, signés par des personnes qui n'étaient pas les artistes concernés.
Ces faux certificats sont difficiles à détecter parce qu'ils reproduisent les codes du vrai : mise en page professionnelle, numéro unique, signature manuscrite, tampon officiel. Ce qui manque, c'est la vérification de l'identité de l'émetteur.
La seule façon de rendre ce type de fraude impossible est d'exiger, avant toute émission de certificat, une vérification d'identité indépendante.